lundi 29 janvier 2007

Campagne de nerd

La blogosphère s'accorde sur la médiocrité de la candidate socialiste.
Il est vrai que son pari marketing de jouer la carte de la vierge compatissante à l'écoute des souffrances françaises ne masque plus ni son incompétence, ni son autoritarisme. Et plus personne ne croit sérieusement qu'elle puisse accéder au second tour, et encore moins le gagner.
La nouvelle star semble être le Béarnais, mais le souvenir de Chevènement, que l'on a présenté en 2002 comme le "troisième homme", incite à prendre avec précaution les vaticinations sur ses chances réelles.
Toutefois, le quasi-dégoût que Ségolène suscite chez ses propres militants se traduit par de nombreuses conversions affichées au "bayrisme" (quitte à faire des néologismes...), que ce soit dans la PQN (Presse Quotidienne Nationale), les blogs, ou sur le site même de la candidate. De plus, François tente une stratégie audacieuse de montée en puissance, délaissant voire vilipendant les grands médias pour mieux travailler au corps la PQR (PQ Régionale), minimisant les chances de s'écrouler comme un château de cartes, à l'instar de Chevènement.
La grande inconnue reste la capacité du Front National à dégoter ses 500 signatures: pour certains, les difficultés affichées par le FN ne seraient qu'élucubrations trahissant sa stratégie victimaire, d'autant plus que le parti tente à tout prix de se dédiaboliser. Pour d'autres, Nicolas Sarkozy s'étant prononcé pour la possibilité de candidature FN, ce parti connaît de réelles difficultés qui hypothèquent sa présence aux présidentielles.
Jacques Attali, sur son blog de l'Express, va jusqu'à prédire un effondrement tant de Ségo que de Sarko: tout alors "sera possible". Ces élections apportant toujours leur lot de surprises, il ne faut pas écarter l'hypothèse d'un scénario à la madrilène, où des attentats islamistes ont radicalement changé la donne politique en moins de 48 heures. On peut gager que le MPF, qui fait de l'opposition à l'islam son fond de commerce quasi exclusif, pourrait augmenter considérablement son poids politique, à la faveur de l'émotion et de la colère nationale.
Bref, tout est ouvert, et le combat Ségolas Sarkoyal versus Nicolène Royalzy risque fort de ne pas avoir lieu. Personnellement, je penche vers un second tour Bayrou / Le Pen ou Sarko / Le Pen, l'avantage étant, à ce stade de la campagne, qu'on peut en dire tout et n'importe quoi, comme ce billet vient de le démontrer.